Editorial

La fin de la crise ? (2)

Octobre 2019

Il y a un an, nous écrivions :

« Le monde change et plus vite qu’il y paraît. Les grands media promettent une grave crise dans quelques semaines ou mois. Cela est peu probable. Nous sommes entrés dans une phase de correction qui aura lieu en pente douce, sur environ deux ans. »

Un an après, les faits nous ont donné raison, mais que sera la deuxième année de cette prévision ?

La situation est beaucoup plus tendue, mais nous estimons que, malgré une probabilité plus faible, c’est-à-dire en voyant venir des soubresauts plus forts, il n’y aura pas de crise très grave d’ici à fin 2020.

Nous maintenons ce que nous avons écrit il y a un an (voir ci-dessous) : un cycle meurt et un nouveau apparaît. Cela aura lieu dans la douleur car il n’y aura pas de croissance pour compenser les remises à zéro de bien des compteurs. Nous estimions que la correction aurait lieu en pente douce sur deux ans ; nous maintenons, mais le temps écoulé aura malheureusement été moins utilisé pour opérer une correction douce que pour préparer le grand choc en répartissant les factures de manière très inégalitaire. Le balancier que nous avons cité ne pourra être arrêté et à partir de 2021… advienne que pourra !

Si grave crise il doit y avoir, ce sera sur la période 2022-2025. Après ce sera une nouvelle époque dont les critères seront clairs, mais il faudra avoir passé la tempête !

Il reste un an pour s’y préparer. Où trouver les cirés, bottes, pulls très chauds, voir combinaisons bien étanches, les boîtes de conserve et le bois de chauffage ? Dans le repli sur l’Europe, dans les actifs tangibles, dans les modèles privilégiant la valeur ajoutée, en fuyant la dépendance aux ressources matérielles non renouvelables, en intégrant les externalités, ce qui inclut une haute valeur ajoutée et réduit substantiellement les risques (Le Dieselgate a déjà coûté 30 milliards d’euros à Volkswagen…).

Le business as usual est mort !

L’économie circulaire n’est pas une utopie de rêveurs, elle est le terme générique qui couvre les process et modèles permettant de retrouver une croissance et de mettre un terme à des dommages sociaux et environnementaux qui ont pris une telle importance qu’ils ne sont plus supportables.

L’économie de fonctionnalité, ou vente de l’usage, en est la boucle la plus courte, et elle intègre les externalités intrinsèquement ; pour cette raison, elle est la plus rentable, la plus compétitive, la plus sociale et la plus écologique. Ce site, ainsi que www.economie-de-fonctionnalite.fr sont faits pour vous y initier ou vous donner des réponses avant de passer à l’adoption.

Nous ne prêchons pas pour notre paroisse, nous avons choisi cette paroisse parce qu’elle est la solution à la tempête qui se lève.

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La fin de la crise ?

Octobre 2018

Le monde change et plus vite qu’il y parait. Les grands media promettent une grave crise dans quelques semaines ou mois. Cela est peu probable.

Nous sommes entrés dans une phase de correction qui aura lieu en pente douce, sur environ deux ans.

Un système meurt d’abord de ses excès et secondairement des coups de ses adversaires. Les déséquilibres que nous connaissons, les excédents excessifs de certains et les déficits non durables d’autres, la multiplication des bulles (un véritable bain moussant), l’économie de la dette, l’économie de l’obsolescence qui pille les ressources, vide les portefeuilles dans un contexte socialement difficile et décourage l’innovation, tout cela représente le trop plein d’excès qui rend le malade non soignable.

La vie, c’est la naissance, le développent, la sénescence et la mort. Il en va des plantes et des animaux, de l’Homme bien sûr ; il en est de même pour les organisations. Après tout, ne sont-elles pas humaines ?

Alors il y a des cycles économiques ; que ceux qui profitent de l’un veuillent qu’il se poursuive est humain, mais rien ne l’empêche de mourir et d’être remplacé par un nouveau cycle. Tout au plus, le remplacement peut-il être retardé… encore une minute, monsieur le bourreau !

Trop tard ! Les forces sont là, le balancier est allé trop loin, il est plein d’énergie cinétique, rien ne l’arrêtera désormais ; il revient sans équivoque et balayera l’ancien cycle dans le calme et la détermination d’un rouleau compresseur.

Mais pourquoi en pente douce sur environ deux ans ? Parce qu’il vaut mieux éviter les chocs, les mouvements de panique qui créent beaucoup de mal. Le besoin de correction est désormais admis par la majorité de ceux qui auraient bien aimé que le cycle continu, qu’on puisse ne rien changer, mais eux aussi ont compris qu’il valait mieux prendre la vague que de tenter vainement de lui résister.

Le rééquilibrage du commerce international a bien commencé, depuis cinq ans par la réduction du commerce intercontinental et le développement du commerce intracontinental, et ce dans tous les continents ; cette année, la bulle financière chinoise a commencé de se réduire comme l’indique le graphe ci-dessous (l’indice a perdu 25% depuis le 1er janvier :

https://www.bloomberg.com/quote/SZCOMP:IND

La Chine disposait de 3000 milliards de dollars de réserve en 2008, elle n’en a plus que 1180 parce qu’elle a voulu dédollarisé son économie, tout comme la Russie, l’Inde et bien d’autres. Même Taïwan réduit son exposition au dollar !

Les Etats-Unis de Trump s’en offusquent-ils ? Pas du tout ! Cela fait revenir les dollars au pays, finance la réindustrialisation, met les pays qui se sont endettés en dollars en difficulté, élimine donc des concurrents devenus trop puissants. Le fameux « carry trade », coqueluche des années 2000, est inversé !

Prendre la vague, c’est respecter pleinement le cahier des charges du nouveau cycle. C’est cesser de penser comme il fallait dans le cycle précédent : ne plus rechercher l’accroissement du chiffre d’affaires, les volumes pour avoir des économies d’échelle permettant de réduire les coûts. Bien sûr, cela n’est pas devenu faux ; c’est même encore vrai dans une certaine mesure, mais ce n’est plus l’essentiel[1].

Prendre la vague, c’est penser valeur ajoutée, ce n’est plus penser chiffre d’affaires, c’est sélectionner, privilégier les modèles économiques qui réduisent le chiffre d’affaires tout en accroissant la valeur ajoutée. C’est ainsi réduire la dépendance aux ressources matérielles qui est telle aujourd’hui qu’il existe un gros risque d’approvisionnement et une inconnue totale sur ce qu’en sera le prix demain. C’est intégrer de plus en plus de services dans le produit pour une offre de plus en plus complète sans pour autant se reconvertir.

Il n’est pas un hasard que l’économie circulaire soit à la mode. Il n’est pas un hasard que l’impression 3D et l’économie collaborative aient émergé aussi : ces trois concepts répondent au même besoin : réduire la dépendance aux ressources matérielles, privilégier les boucles courtes, exploiter les compétences locales pour exprimer les synergies potentielles et réduire les externalités négatives[2].

L’économie de fonctionnalité est la boucle la plus courte de l’économie circulaire. C’est pour cela qu’elle est la plus économe en ressources matérielles et qu’elle est la plus rentable. Aux économies de ressources matérielles qu’elle génère pour cette raison, elle ajoute une multitude de services sans avoir besoin d’intégrer de nouvelles compétences. Elle est aussi le modèle qui allie innovation et ancrage territorial[3].

Alors, quand on a compris cela, on ne s’étonne pas que ce soit le modèle le plus rentable et qu’il apporte, sans dépenser un euro supplémentaire, une politique RSE.

  • Modèle beaucoup plus rentable : évident, avec réduction des risques de toutes sortes
  • Réduction de la dépendance aux ressources matérielles = réduction de l’empreinte écologique et de la production de déchets
  • Accroissement de la valeur ajoutée = main-d’œuvre de qualité (cerveaux d’œuvre) beaucoup mieux payée et pourtant coûtant moins cher par unité de valeur ajoutée.

Eric Fromant

Octobre 2018

 

[1] http://www.sefior.fr/blog/michael-porter-est-obsolete/        

[2] http://www.sefior.fr/blog/facteur-de-competitivite-n1-lintegration-des-externalites/

[3] Quelques fois appelée économie du lien social

 

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Votre site évolue encore !

 

Pour la deuxième fois, le site SEFIOR évolue. En 2014, le positionnement a été à la fois élargi et précisé et le site est devenu bilingue. 3 ans plus tard, Il est graphiquement modernisé, parfaitement accessible sur tout mobile et intègre un blog.

Les Newsletters disparaissent mais sont toujours accessibles en « Archives Newsletters ».

Le Blog vous apportera de multiples informations beaucoup plus centrées sur vos problématiques pratiques. Elles vous apporteront des solutions multiples de façon à montrer la richesse du modèle et la manière de répondre à chaque besoin, car multiples sont bien les besoins !

 

Le site Sefior est né en 2012, mais il a été conçu comme site consultant pour compléter le site générique et de référence www.economie-de-fonctionnalite.fr, qui, lui, date de 2009. En cette époque de grands changements, 2009 – 2017, huit ans, c’est une éternité ; pourtant, les écrits de 2009 ou 2010 sur la nature de la crise, sur l’évolution de la crise à prévoir, tout cela rassemblé, développé, structuré, dans le livre « Les clés du renouveau grâce à la crise ; Economie de fonctionnalité : mode d’emploi pour les dirigeants d’entreprise », n’ont pas pris une ride.

 

Nous changeons d’époque et la seule sortie de crise possible est le respect du cahier des charges du nouveau cycle macroéconomique qui se met en place, que cela plaise ou non. Certes, il y a des contraintes, il faut changer bien des choses, donc remettre en cause l’existant quand les pressions financières sont importantes, quand l’avenir est incertain, mais le choix de l’adaptation à la nouvelle époque est la vraie garantie de réussite. C’est la plus belle opportunité qui puisse se présenter : opérer un changement qui apportera la stabilité pour longtemps !

 

Novembre 2017