Un rapport exclusif de Bloomberg, daté du 6 mai 2026, révèle que Microsoft envisage de reporter ou d’abandonner son ambitieux objectif climatique pour 2030. Ce projet, connu sous le nom de « 100/100/0 », vise à couvrir 100 % de sa consommation d’électricité avec des émissions nulles, en temps réel et sur une base horaire. Cependant, la pression exercée par les centres de données dédiés à l’intelligence artificielle complique la réalisation de cet engagement.
Consommation énergétique croissante des centres de données IA
Les centres de données qui exécutent des modèles d’intelligence artificielle consomment continuellement d’énormes quantités d’électricité. Microsoft ajoute environ 1 gigawatt de nouvelle capacité tous les trois mois, suffisant pour alimenter environ 750 000 foyers. D’ici fin 2026, l’entreprise prévoit de dépenser 190 milliards de dollars, soit environ 170 milliards d’euros, principalement pour les infrastructures des centres de données. Parallèlement, la pression interne pour réduire les coûts a conduit à des réductions budgétaires pour les équipes travaillant sur la réduction de l’empreinte carbone.
Négociations pour une centrale au gaz naturel au Texas
Microsoft est également en discussions avec Chevron pour financer la construction d’une grande centrale électrique au gaz naturel dans l’État du Texas. L’augmentation de l’empreinte carbone n’est pas seulement un problème pour Microsoft : selon les derniers rapports sur la durabilité, les émissions de CO₂ de Meta, Google, Amazon et Microsoft ont respectivement augmenté de 64 %, 51 %, 33 % et 23 % depuis le lancement de ChatGPT fin 2022.
La révision par Microsoft d’un objectif climatique qu’elle avait elle-même proclamé comme exemplaire montre combien il est difficile de concilier le développement rapide de l’intelligence artificielle avec les engagements environnementaux. Pour les utilisateurs quotidiens des services d’IA, chaque interaction avec un chatbot a un coût énergétique caché — qui augmente avec chaque nouveau centre de données ouvert. Le secteur technologique redécouvre que l’énergie verte ne se développe pas aussi rapidement que l’exige l’ère de l’IA.
