Le Pentagone accélère l’intégration de l’intelligence artificielle dans ses opérations internes. Le ministère américain de la Défense commence à déployer des agents IA basés sur le modèle Gemini de Google pour plus de 3 millions d’employés civils et militaires. Pour l’instant, ces outils fonctionnent uniquement sur des réseaux non sécurisés, mais des discussions sont en cours afin de leur permettre d’accéder à des environnements contenant des documents classifiés.
Un déploiement massif auprès du personnel du Department of Defense
Google a lancé l’intégration de ses agents d’intelligence artificielle Gemini au sein du Department of Defense (DoD). Cette initiative concerne plus de 3 millions d’employés, qu’ils soient civils ou militaires.
Selon Emil Michael, secrétaire adjoint à la Défense chargé de la recherche et de l’ingénierie, la première phase du projet se limite aux réseaux non classifiés. Des négociations sont déjà engagées pour élargir l’accès de ces outils à des réseaux contenant des informations sensibles et des documents confidentiels.
Huit agents IA pour automatiser les tâches administratives
Le programme débute avec huit agents IA préconfigurés destinés à simplifier plusieurs tâches administratives.
Ces agents peuvent notamment :
- résumer automatiquement les notes de réunion
- préparer des budgets et des documents financiers
- vérifier la conformité d’actions avec la stratégie de sécurité nationale
Selon Jim Kelly, vice-président de Google, les employés du Pentagone auront aussi la possibilité de créer leurs propres agents IA. Il suffira de décrire leurs besoins en langage naturel pour générer un assistant adapté à leurs missions.
Une adoption déjà massive depuis fin 2025
Le chatbot IA de Google, accessible sur le portail interne du Pentagone, est disponible depuis décembre 2025 sur les réseaux non sécurisés.
Depuis son lancement :
- 1,2 million d’employés l’ont déjà utilisé
- plus de 40 millions de requêtes uniques ont été envoyées
- plus de 4 millions de documents ont été téléchargés via la plateforme
L’usage progresse plus vite que la formation. Depuis décembre, seulement 26 000 personnes ont suivi une formation officielle, alors que toutes les sessions prévues sont déjà complètes. Cette situation montre l’intérêt croissant des employés pour les outils d’intelligence artificielle.
Des tensions avec Anthropic autour de l’usage militaire de l’IA
Le renforcement du partenariat entre Google et le Pentagone intervient dans un contexte de désaccord avec Anthropic.
La société a refusé de lever certaines restrictions concernant l’utilisation de ses algorithmes d’IA pour des applications liées à la surveillance ou aux systèmes d’armes autonomes. À la suite de cette décision, le ministère américain de la Défense a placé Anthropic sur une liste de fournisseurs à risque. L’entreprise prévoit de contester cette décision.
Dans le même temps, le débat sur l’usage militaire de l’IA se poursuit dans l’industrie technologique. Environ 900 employés de Google et 100 employés d’OpenAI ont signé une lettre ouverte appelant les entreprises à respecter des limites strictes dans l’utilisation de l’intelligence artificielle.
En février, Google a également ajusté ses principes relatifs à l’intelligence artificielle afin de répondre à ces préoccupations. Pendant ce temps, le Pentagone accélère l’intégration de ces technologies, qui s’imposent progressivement dans le fonctionnement quotidien du ministère.
