La compétition mondiale pour la suprématie dans le domaine de l’intelligence artificielle s’intensifie, dépassant la simple création de chatbots intelligents. La technologie s’est infiltrée dans les domaines de la sécurité nationale et des cyberarmes. La société chinoise de cybersécurité 360 Security Technology a annoncé le développement de son propre logiciel, en réponse au modèle américain Mythos d’Anthropic.
Pour la Chine, cette avancée est une nécessité stratégique. Posséder de tels systèmes pourrait rééquilibrer les forces en matière d’attaques numériques et de protection des infrastructures critiques à l’échelle mondiale.
Mythos : Une menace pour la sécurité mondiale
Lancé par Anthropic en avril, le modèle américain Mythos n’est pas un simple modèle linguistique. Il analyse le code logiciel et détecte automatiquement les vulnérabilités à une vitesse inédite. Lors des premiers tests, il a découvert des milliers de failles dans la sécurité des systèmes d’exploitation et navigateurs web populaires.
Les experts en cybersécurité ont averti que cette technologie est une « arme à double tranchant ». Utilisée à des fins malveillantes, elle pourrait automatiser massivement les cyberattaques, trouvant des failles dans la défense de pays entiers en quelques secondes. Face à cette menace, le gouvernement américain a interdit l’exportation même des versions moins puissantes du programme vers l’étranger.
Yitian Tulong : La réponse technologique de la Chine
Lors de la conférence ISC.AI 2026 à Pékin, Zhou Hongyi, fondateur de 360, a présenté deux nouveaux outils d’intelligence artificielle sous le nom « Yitian Tulong », inspiré d’un roman chinois classique. Le premier outil, « Tulongfeng » (Dragon Sabre), est l’équivalent chinois direct du Mythos américain. Il scanne automatiquement les logiciels pour détecter les vulnérabilités cachées et a déjà identifié 3432 failles, dont 105 confirmées par les autorités chinoises.
Le second système, « Yitianzhen » (Heavenly Sword), est conçu pour automatiser la cybersécurité et réagir rapidement aux incidents numériques ou tentatives d’intrusion en temps réel.
S’adapter aux restrictions américaines avec une nouvelle approche
En raison des restrictions américaines sur l’exportation des puces IA avancées vers la Chine, 360 a adopté une approche différente en utilisant un système d’« agents IA ». Cette méthode combine des modèles spécialisés plus petits avec de vastes bases de données sur les vulnérabilités et l’expertise humaine en cybersécurité.
Zhou Hongyi explique que si l’approche américaine repose sur une puissance brute pour créer un « génie hacker », la méthode chinoise organise une « équipe professionnelle d’attaque et de défense » travaillant sans relâche.
Cet incident montre que l’intelligence artificielle est devenue un outil géopolitique majeur. Les craintes de Pékin face à une « transparence unilatérale », où les États-Unis pourraient exploiter les vulnérabilités chinoises sans réciprocité, ont accéléré le développement technologique en Chine. Cependant, ces avancées augmentent également les risques mondiaux, rendant l’espace numérique plus précaire.
